Le pouvoir de l’amour et autres vaines romances

Ce serait un euphémisme de dire que Le pouvoir de l’amour et autres vaines romances d’Yves Pelletier et Iris était attendu. Le nouvel album de La Pastèque, qui marque progressivement le début de la rentrée littéraire automnale, semblait très prometteur. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on peut mettre la main sur une bande dessinée d’un ancien membre de Rock et Belles Oreilles. Alors, est-ce que l’attente en valait la peine ?

L’amour sous toutes ses formes

ypelletieramourComme son nom l’indique, la collaboration Pelletier-Iris traite d’un sujet vieux comme le monde : l’amour ! Quand on connaît les auteurs, on se doute légèrement que l’ouvrage ne va pas renfermer une histoire d’amour quétaine. Les deux sont connus pour leur grand sens de l’humour et pour ne pas avoir peur de sortir hors des sentiers battus.

Le pouvoir de l’amour ne se prend donc vraiment pas au sérieux. Cependant, il s’y dégage aussi beaucoup d’humanité. Les personnages présentés sont certes souvent loufoques et comiques et pourtant assez attachants. Sans dire que l’on peut s’identifier entièrement à eux, certaines de leurs réactions soulèvent en nous des réflexions sur les relations amoureuses qu’on a vécues ou encore celle qu’on est en train de vivre.

Pelletier, qui en est à sa deuxième bande dessinée, a ce talent de toujours nous surprendre avec ces histoires. On pense qu’il nous amène dans une direction X et puis, au dernier moment, prend une tout autre route dont on ne soupçonnait même pas l’existence, si bien qu’il est difficile de s’ennuyer pendant notre lecture.

Des histoires variées

Qui plus est, il est peut-être bon de souligner que le livre de 144 pages ne comporte pas une seule histoire, mais plusieurs — environ une dizaine, toutes reliées de près ou de loin à l’amour. Chaque histoire commence par une citation d’auteur connu ou par un proverbe en lien avec l’intrigue. C’est souvent pertinent, sans pour autant être indispensable à la bonne compréhension du récit.

Pelletier aborde toutes sortes de sujets; et on se demande même parfois où il trouve son inspiration ! Par exemple, dans l’une d’elles, il s’inspire du cliché selon laquelle les médecins écrivent de façon illisible. Eh oui ! Il a réussi à faire une histoire d’amour avec ça.  Et en plus, c’est drôle. Il fallait le faire !

Il traite également de thème un peu plus conventionnel comme l’amour à distance, les sites de rencontre, les émissions de télé-réalité ou encore du coup de foudre. Mais ce n’est jamais fait de façon cucul. Comme je l’ai dit plus haut, il arrive toujours à nous étonner.

Par exemple, L’amour à distance met en scène un couple qui ne vit pas dans la même maison. Monsieur travaille la semaine à Montréal et rejoint sa femme et ses enfants la fin de semaine. Un jour, en ayant marre de ne jamais le voir, elle lui demande de quitter son emploi, ce qu’il accepte de faire. Sauf qu’ils réalisent que vivre 24h/24 sous le même toit n’est peut-être pas la meilleure idée au monde…

Iris à son meilleur

Au dessin, on reconnaît tout de suite le coup de crayon d’Iris qui n’est pas sans rappeler l’excellent travail qu’elle avait fait dans L’Ostie d’chat en collaboration avec Zviane. Dans Le pouvoir de l’amour, il y a quelque chose de très fantaisiste, mais en même temps de très classique dans son dessin.

En revanche, les décors – surtout les environnements extérieurs – m’ont semblé plus détaillés que dans ses précédents albums. Pour les scènes qui se passent en public, elle n’hésite pas à ajouter plusieurs figurants, ce qui rend la mise en scène plus crédible. Ici et là on retrouve aussi quelques petits clins d’œil, soyez donc attentif à votre lecture !Capture decran 2014-04-24 a 10.22.26

À mon avis, Pelletier n’aurait pas pu trouver une meilleure dessinatrice pour illustrer son scénario. Des illustrations plus « sérieuses » auraient dénaturalisé l’histoire en lui enlevant une bonne dose d’humour.

En bref

Le pouvoir de l’amour et autres vaines romances est un vrai régal. Je ne pensais pas autant me bidonner en lisant des histoires d’amour. Pelletier est un romantique pas comme les autres et réussit sans problème, grâce à l’aide de la talentueuse Iris, à nous faire pénétrer dans son monde bien à lui. Bref, si vous êtes en manque de bandes dessinées québécoises, sautez chez votre librairie pour vous procurer un exemplaire. Vous passerez un bon moment !

Le lancement de Le pouvoir de l’amour se tiendra le 27 août au Cheval Blanc, au 809 Ontario Est, dès 17h !
Philippe Michaud
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Philippe Michaud a toujours été un passionné de bandes dessinées. Il a commencé à lire les albums de Tintin alors qu’il n’était qu’au primaire. Par la suite, il s’est attaqué à d’autres bandes dessinées européennes et québécoises. Bien qu’il soit journaliste et blogueur depuis environ 10 ans (surtout dans le domaine de la techno et des jeux vidéo), il ne rédige des critiques d’albums que depuis près de deux ans. Il regrette toutefois de ne pas avoir commencé plus tôt! Même s’il est conscient qu’un enfant de 4 ans dessine mieux que lui, il sait reconnaître le talent de bons dessinateurs. Il accorde aussi une grande importance au scénario et aime être surpris durant sa lecture.

One Response

  1. Désolé, mais je ne partage pas l’enthousiasme de Philippe Michaud. J’ai probablement eu une attente beau plus supérieure de ce que j’ai lu. Oui, je m’attendais a quelque chose de plus loufoque et extrêmement bizarre de Yves Pelletier. Et je ne dis pas que c’est mauvais; ce n’ est nullement mon intention. Probablement, je devrai le relire au moins deux fois encore pour l’apprécier a sa juste valeur. Car Yves Pelletier bedeiste est très différent de Yves Pelletier de RBO!
    Par contre, une chance inouï qu’il s’est associé à Iris. Dans ce livre, elle nous dévoile un facette qui nous était inconnu, mais étape logique de sa progression. Grâce à Iris, elle nous captive par ses dessins, son harmonie des couleurs, des lignes plus travailler qui manipule notre curiosité.
    Sur une échelle jusqu’à 5; j’ose s’exclamer ainsi: Yves Pelletier =2 ; Iris =5.

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