Janvier 2017

Classé dans : Blog, Carnet de la directrice, PLANCHES | 5

Après l’avoir autant préparé et en avoir autant parlé, le festival international de bande dessinée d’Angoulême est finalement arrivé. J’étais impatiente !

J’ai beaucoup apprécié l’expérience, et je crois que Coralie, Charlotte et Julia aussi. C’était un bon festival en terme de vente, de promotion, mais c’était aussi très sympa, par plusieurs aspects. D’abord, nous qui travaillons chacune chez nous toute seule, on était contente de se voir en VRAI, de pouvoir trinquer ensemble (par exemple). Et puis c’est toujours le fun de revoir les copaings éditeurs ou auteurs, ou de s’en faire des nouveaux ! Et puis à 4, on a pu prendre des shifts et un peu de repos de temps en temps.

Notre premier Angoulême en détails

Mercredi 6h30, le réveil sonne. Ouch. Je m’habille rapidement, je mange un bout et je me rends en métro où la PLANCHES-mobile se trouve. Une amie me prête généreusement sa voiture, ce qui nous a clairement permis de faire un peu de bénéfice. Sinon, je ne sais même pas si on aurait pu rentrer dans nos frais ! Je rejoins mon amie qui me donne les clés et son très utile GPS. La vieille petite polo démarre, je cale deux ou trois fois avant de me faire le pied, et de me rendre compte que je suis hyper serrée par les deux voitures qui m’entourent. Vivent les créneaux en France ! Alors à coup de minipouces allers et retours, je finis par sortir du stationnement. Je me rends compte que je ne suis pas très réveillée quand je ne prends pas exactement les rues que le GPS me dit de prendre. Ou bien il y a plusieurs sortes de gauches et plusieurs sortes de droites… Heureusement, il n’y a pas beaucoup de voiture dans Paris ce matin-là, probablement parce que c’est un jour de charmant pic de pollution. Je finis par arriver « chez moi » en retard, où Julia m’attends pour embarquer avec moi. On charge les quelques 20 boites et autres « choses » dans la pauvre petite polo qui fait un peu la gueule sous le poids. On cherche « hotel de ville, Angoulême » dans le GPS et hop, c’est parti !

À quelques « ralentissements » sur le périph’ près, on sort de Paris et on se lance pour 6h30 de route, principalement sous un temps morne et dégueulasse. Je ne vous cacherais pas que je ne pouvais pas me lancer dans un dépassement quand on était dans une côte et que j’avais plus l’impression de rouler à reculons. Pauvre voiture, on lui en demandait beaucoup. Mais elle a bravement tenu le coup, à force de renforcement positif. (Il faut leur parler, aux machines.)

Sur la route, Julia et moi on discute de tout, on fait le point sur PLANCHES, et puis le reste du temps, je chante (ou je Ouh-ouh-ise ou Lalalate) sûrement pour le plus grand plaisir de Julia qui a subit ces tortures avec patience.

Quand on arrive proche d’Angoulême, le ciel s’éclaircit pour donner une superbe lumière illuminant la ville au loin. Il n’en faut pas moins pour nous redonner de l’énergie et nous donner un bref moment d’enthousiasme où nous lorgnons sur les terres promises. Rires diaboliques et sentences prophétiques faites, on arrive à l’Hôtel de Ville. 

On va chercher nos accréditations avec un peu la tête qui tourne. On revient vers la PLANCHES-mobile pour la stationner de façon stratégique et on commence à décharger une loooongue série de boites et de choses. On va dire bonjour aux copaings qui s’installent ici et là. Je remarque que dans le monde des éditeurs, c’est toujours la même chose, il y a les « prévoyants » qui prennent leur temps le mercredi, et les « dernières-minutes », qui s’installent le jeudi matin alors que le public a commencé à débouler. C’est soit l’un, soit l’autre !

On prend notre temps, j’avais prévu plusieurs nouvelles installations pour que notre stand ait la classe internationale, donc on teste, on essaye, bref, au bout d’un moment on est satisfaites. Les installations en questions : deux étagères murales en chêne massif et quatre pieds également en chêne massif, qui je crois étaient supposées servir de pieds de table, à l’origine. Bref, j’avais décidé d’en faire une étagère. C’est plutôt beau, je suis contente, mais c’est pas hyper sécuritaire. Quelqu’un a eu l’idée saugrenue de vouloir s’appuyer dessus pendant le salon. Erreur fatale ! Enfin non, je vous rassure, rien de fatal. Juste un éboulis fracassant de livre. Mais rien ni personne de cassé ! Et j’avais aussi fait faire des bannières en vinyle pour être visible de loin. Qu’en pensez-vous ? Moi je suis jamais satisfaite, mais Coralie vous dirait sûrement « En toute objectivité, c’est LE plus beau stand du festival. Des cinquante dernières années. De TOUS les festivals de bande dessinée d’Europe. Du Monde en fait. » Bref ;p

Quand on finit d’installer, hop, Charlotte nous appelle pour qu’on aille la chercher à son point de chute de covoiturage. Timing parfait, on reprend la PLANCHES-Mobile, le GPS et hop. Puis on va directement chez l’oncle de Charlotte qui a eu la gentillesse de nous prêter sa maison et de partir pendant toute la semaine voir sa maison de vacances je sais pas où. Très, très pratique. On arrive dans cette toute charmante maison, on se pose et on se rend compte qu’on a super faim. On va donc faire quelques courses et on se fait le gros plat de pâtes des vainqueurs. Coralie qui arrive un peu plus tard, après des péripéties interminables avec ses trains, est fort aise de se mettre directement à table.

Je garde en mémoire cette image de nous quatre qui à peine finit de manger, nous précipitons vers nos ordinateurs pour vérifier nos courriels, bosser un peu… Il faut dire qu’on était (et on est encore au moment où j’écris), en rush de production du numéro 10. Donc Charlotte, entre deux permanences au stand, travaillait sur la mise en page du 10.

Jeudi

Le premier matin, c’est Coralie et moi qui nous sommes portées volontaires pour prendre le premier « quart ». On est à 20 minutes à pied, on rentre dans la grosse tente, et hop, la journée commence. Assez tranquillement, bon c’est un jeudi quoi. On se gèle un peu, parce qu’on est proche de la sortie, donc courants d’air, et comme il n’y a pas assez de monde, la chaleur humaine n’est pas encore au rendez-vous. Pendant ce temps-là, Charlotte bosse à la maison sur le 10, et Julia en profite pour récupérer un peu. Vers 13h, elles reçoivent les colis tant attendus : les livrets que nous avons préparés. C’est quatre histoires extraites des anciens numéros, une note explicative sur la revue et bien sûr, nos infos, le site internet etc. C’est L’IDÉE révolutionnaire qui a changé vraiment la nature de ce festival pour nous. D’abord, nous en avons placé en libre service dans les bars et cafés proches des lieux du festival, dans le Musée de la bande dessinée, la Maison des auteurs et autres endroits où les festivaliers se rendent.

Quand Charlotte et Julia viennent prendre la relève, on découvre le beau livret, on est contente, et on part faire un tour. On va saluer différentes personnes qu’on connait, ce qui amène toujours des conversations intéressantes. Comme un éditeur qui nous parle de ses placements publicitaires dans les Canal BD et Zoo mag. Ouais, pourquoi pas, à considérer, le jour où on a un distributeur français, cela dit. On croise forcément Johanne du FBDM, avec qui Coralie et moi nous travaillons pour notre projet commun du 375ème, et Thomas-Louis du FBDFQ, avec qui nous échangeons toujours les mêmes fascinations pour les récentes illustrations de Jimmy Beaulieu et Julie Rocheleau. Vous pouvez être SÛRS que dès qu’il y a des québécois dans la ville, on va se croiser. Comme je disais à Coralie, c’est magnétique ! Et ça fait toujours plaisir. Il y avait aussi Jean-Paul Eid qui dédicaçait à la Pastèque, mais c’est vrai qu’on était pas beaucoup cette année.

On fait un tour au Off, on essaie vainement d’aller voir des expos, on discute des failles de notre boutique en ligne, j’essaie de dissimuler mes frustrations… Ah, encore une fois, que ne ferais-je pas avec des ressources illimitées ? Un super beau site internet avec une boutique avec plusieurs devises, une meilleur interface de paiement et de compte client…

Mais je dérive ! Donc toujours en compagnie de Coralie, nous allons retrouver les deux autres avant la fermeture. Évidemment, toute la journée, on a entendu des rumeurs sur quatre soirées différentes, évidemment pas au programme officiel. On se dirige donc vers celle où tout le monde a l’air d’aller, à la Maison des auteurs. Et effectivement, tout le monde était là. Donc on est vite ressorties, parce qu’on pouvait pas circuler, du tout. On a bien sûr eu juste le temps de goûter au Pineau des Charentes et Cognac de la région servis pour le vernissage de l’exposition dont on a tenté de jeter un oeil (autant que possible). Puis on se dirige vers une crêperie pour se restaurer parce qu’encore une fois, on a SUPER FAIM.

Après quoi, Coralie et moi allons boire un verre à la Souris Verte où on croise un auteur qu’on va publier dans le 11. C’est épuisant de connaître autant de monde. Pfff, la popularité !

Le lendemain, le vendredi donc, on s’arrange pour les horaires, car certaines veulent aller voir des expos, d’autres des conférences etc. Il y a un peu plus de monde, et puis on commence à faire une nouvelle chose : Coralie et Julia vont distribuer des livrets aux personnes qui attendent pour rentrer (sécurité maximum oblige), ou les gens qui se promènent dans l’espace, elles leur parlent et les invitent à venir me voir, car notre stand est tout au fond. Je vois donc plusieurs personnes arrivant, la curiosité poussée. Cette méthode que nous avons baptiser « rabattage » nous a permis de faire pas mal de vente en plus, et s’est donc avérée concluante. En plus des ventes, il y a beaucoup plus de gens qui ont eu le livret entre le mains, qui sont venus nous parler, donc qui nous connaîtrons et pourrons nous reconnaître aux prochains festivals.

Après s’être données pas mal toutes à fond (donc parler toute la journée à plein de gens dans un brouahah constant, garder le sourire, rester debout…), nous sommes bien fatiguées, mais nous méritons le célèbre apéro du vendredi soir. Les suédois, finlandais et allemands offrent de déguster des alcools et bouchées de chez eux. Charlotte, Coralie et Julia me laissent dans cette euphorie pour aller voir le Concert Dessiné. Je vais manger avec des gens, puis boire des coups, bref, on finit par se rejoindre et on finit encore une fois à la Souris Verte.

Samedi arrive, la fatigue commence à s’accumuler. Je prends le dernier quart, parce que Woh, c’est pas mal de dormir des fois, aussi. C’est ce soir-là qu’est la remise des prix. On ne pensait pas le moins du monde être lauréat, jusqu’à ce que deux membres du jury viennent nous voir pour nous féliciter pour notre dernier numéro (le 09), et nous dire furtivement mais avec fierté qu’ils ont votés pour nous. Ah. C’est pas sympa ça, ça nous donne des espoirs alors qu’on en avait pas ! Merci pour l’ascenseur émotionnel ! On en parle à droite à gauche, plusieurs ont été visité aussi par des membres du jury et on leur a dit que c’était pas eux. Bon heureusement, assez rapidement, la fuite sur le véritable gagnant se répand et on sait que c’est Biscoto. Donc on avait pas trop de suspens à la cérémonie de remise. Et puis au final, on était très content que ce soit Biscoto, parce que c’est vachement bien ce qu’ils font, et puis on est très contentes que notre revue a quand même beaucoup plu.

Beaucoup de monde, beauuuuuucoup de monde au festival. Notre truc du rabattage marche bien, on vends des PLANCHES comme des ptits pains, on est sur une drôle d’énergie de réserve, entre fatigue et nécessité.

La journée se finit enfin, Coralie et moi allons à la cérémonie de remise des prix, puis on rejoint Charlotte, Julia et pas mal de gens du Nouveau Monde. On va manger, puis on va à la soirée organisée par le festival avec nos bracelets « VIP ». On arrive, la place vient juste d’ouvrir, il est 22h30. On profite de l’open bar. À 22h45, il y a déjà quelques personnes sur la piste de danse. À 23h07 (à quelque chose près), la salle est pleine à craquer, les auteurs, éditeurs, et différents « pros » de tout acabit se déchaînent sur la piste de danse. Les « stars » et les « ptits nouveaux » se mélangent, tout le monde est copaings. Je suis proprement époustouflée. Moi qui pensait que les auteurs de bande dessinée étaient coincés, que me trompai-je ! 

Bref, ce fut bien rigolo !

Dimanche, dernière journée, on a plus trop de réserve d’énergie, mais faut quand même y aller alors hop hop hop. On range tout, on plie les bagages. Je prends la voiture pour la garer plus proche du festival. Erreur. J’ai cru que j’allais perdre la raison ! Impossible de circuler proche du festival, j’étais bloquée dans une boucle infernale ! J’ai fini par m’en sortir en bravant un sens interdit et avec une longue marche arrière en pestant tous les jurons dans toutes les langues que je connais.

Problème de logistique : on ne peut pas rester le dimanche soir comme je pensais, et je ne suis pas hyper ravie à l’idée de ranger tout à partir de la fermeture à 18h et d’enchainer 6h30 de route de nuit avec de possibles bouchons en arrivant sur Paris (dimanche soir oblige)… Alors je finis par trouver un airbnb à mi-chemin, dans un bled appelé « Issoudun » qui n’a strictement aucun intérêt.

Vers midi, Coralie va prendre son train, puis c’est Charlotte qui va prendre son covoiturage. On se quitte avec le sentiment spécifique de la fin d’une colonie de vacances, plein de choses dans la tête, presque déjà nostalgiques, en se promettant déjà de se retrouver bientôt.

Julia et moi finissons tranquillement la journée. Quand ça se termine, on charge la PLANCHES-Mobile de tout notre stock restant, on va faire un dernier tour d’aurevoir et hop on file sur les routes. On arrive quand même à notre chambre vers 22h30, je suis tout à fait contente de ne pas avoir à poursuivre jusqu’à Paris.

On se lève avec le sentiment d’avoir été drogués, on va dévaliser la boulangerie et on repart sur la route. En arrivant sur Paris, même si c’est lundi en journée, il y a des bouchons sur le Périph’, parce que sinon ça serait pas drôle. On décharge, je ramène Julia à l’autre bout de Paris et je retraverse une troisième fois la ville et ses délicieux Périph’ pour aller poser la voiture. Bref, j’arrive chez moi à 18h, le regard vide, incapable de penser. Je crois que j’ai mangé, j’ai regardé une série et je me suis couchée.

 

Donc Angoulême, on se revoit l’année prochaine !

  • Sandra – Directrice générale de PLANCHES

 

Pour télécharger notre livret c’est ici !

 

Sandra Vilder
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5 Responses

  1. Mireille RENAUD-GARNIER

    …votre récit de ce séjour est bien réjouissant.
    Sur le Festival, c’était bien sympathique de parler avec vous !
    J’ai acheté le livret 3 et j’envisage l’abonnement numérique.
    A l’année prochaine à Angoulême !
    Une « découvreuse » (puisque j’y étais) du Festival de la BD 2017 !
    Bises amicales à vous partager

    • Aurélia Morvan

      Merci beaucoup pour votre soutien Mireille, il nous est très précieux !
      On se voit l’année prochaine 😉

  2. super reportage, on a l’impression d’y etre 🙂
    par contre je n’arrive pas a télécharger le livret :/

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